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L’Arctique canadien : un environnement à préserver

En l’honneur du Mois de la science dans l’Arctique, nous nous entretenons avec trois scientifiques d’Environnement et Changement climatique Canada : Chris Derksen, Sandy Steffen et Hayley Hung, qui effectuent des recherches dans le Nord. Ils nous expliquent pourquoi il est si important d’étudier l’Arctique.

« Nous savons que les changements climatiques sont plus marqués dans le Nord, et dans toutes les régions nordiques du monde », déclare Chris Derksen. « Nous avons la responsabilité, en tant que Canadiens, de comprendre comment et pourquoi cela se produit. » À titre de chercheur à Environnement et Changement climatique Canada, Chris étudie la couverture de neige et la glace de mer dans l’Arctique grâce à la télédétection par satellite. Il a également mené des travaux sur le terrain dans plusieurs régions du Nord. Il explique que pour les habitants du Nord, le réchauffement amplifié de l’Arctique s’est déjà répercuté sur leur vie quotidienne, notamment sur leurs déplacements et l’accès aux terrains de chasse traditionnels.

« Il est très clair que ce qui se passe dans l’Arctique ne reste pas dans l’Arctique », affirme Chris. Un changement à noter est la perte de la glace de mer, qui peut avoir des effets sur le climat et la météo en dehors de l’Arctique. Les conditions changeantes de l’Arctique peuvent également avoir des répercussions économiques et écologiques à l’échelle mondiale. « À titre de scientifiques du gouvernement, notre travail consiste à fournir au gouvernement en place des données scientifiques crédibles sur les changements climatiques », explique-t-il. « Nous devons savoir ce qui se passe dans l’Arctique et comprendre comment les changements sont susceptibles de se produire dans l’avenir, afin de pouvoir adapter la politique et traiter ces changements à l’échelle du gouvernement fédéral ».

Sandy Steffen a elle aussi passé beaucoup de temps en Arctique pour ses études de terrain en tant que spécialiste du mercure atmosphérique. Elle souligne qu’elle a vécu directement les changements incroyables qui accompagnent le réchauffement amplifié, comme les grandes variations de température et les modifications de la glace de mer, depuis le début de sa carrière de chercheuse en 1995. « C’est une indication de ce qui pourrait arriver à notre monde dans l’avenir et il est vraiment important de le comprendre », dit-elle. « C’est un environnement vierge, et vous pouvez voir là où nous avons un impact. »

Les recherches de Sandy se concentrent sur la manière dont le mercure pénètre dans la région arctique. Comme il n’y a pas de sources de mercure d’origine anthropique dans l’Arctique, il arrive dans l’air depuis des endroits éloignés de l’Amérique du Nord, de l’Asie et de l’Europe. Une fois dans le Nord, le mercure subit une transformation chimique et se dépose dans l’environnement où il peut devenir une menace pour les espèces sauvages et un problème de santé potentiel pour les Canadiens. Sandy met sa science en pratique dans le cadre d’un groupe d’experts sur le mercure qui travaille à évaluer l’efficacité de la Convention de Minamata sur le mercure, un traité mondial conçu pour réduire les effets du mercure d’origine anthropique sur l’environnement et la santé humaine.

Hayley Hung se rend souvent dans l’Arctique avec Sandy. Hayley est une chercheuse qui étudie les polluants organiques persistants, une autre classe de produits chimiques nocifs. Les polluants organiques persistants se trouvent dans les produits chimiques industriels et commerciaux, y compris les pesticides, et peuvent être rejetés dans les gaz d’échappement des véhicules et par le chauffage des maisons. Ils sont classés comme persistants car ils peuvent rester dans l’environnement pendant très longtemps sans se dégrader. Il existe peu de sources de polluants organiques persistants d’origine anthropique dans l’Arctique, mais ils y sont transportés par le vent et les courants océaniques. Une fois que les polluants organiques persistants se retrouvent dans les températures plus froides de l’air arctique, ils ont tendance à se condenser et à pénétrer dans l’environnement arctique où, avec le temps, leur concentration peut s’accumuler et provoquer des effets néfastes sur la santé des animaux et des êtres humains qui vivent des ressources du territoire. « Pour nous, ils sont préoccupants », explique Hayley.

Hayley souligne que ces produits chimiques sont émis dans le monde entier et transportés par le vent au-delà des frontières internationales, de sorte qu’un effort mondial s’imposait pour les contrôler par le biais d’un accord multilatéral et environnemental : la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants. Hayley travaille à la surveillance des polluants organiques persistants dans l’air arctique sur de longues périodes pour voir si les concentrations diminuent. « En tant que scientifiques, nous soutenons le processus réglementaire en étudiant les tendances à long terme de ces polluants », explique-t-elle. « Nous évaluons si les règlements sont efficaces afin que ces produits chimiques ne nuisent plus à l’environnement. Maintenant que nous avons « fermé le robinet », les concentrations ont-elles diminué dans l’Arctique? »

Pour Hayley, le lien que les gens du Nord entretiennent avec la terre l’inspire à poursuivre son travail. « L’avenir est inconnu, mais nous savons que l’Arctique se réchauffe. Nous essayons d’aider, et de préserver notre environnement ».


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